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"Allons-y en vélo" : De la Suisse à la Grèce sur les routes EuroVelo - Partie 2

jeudi 4 mars 2021
Découvrez la seconde partie de l'histoire de Brian Roodnick, qui parcourt les routes EuroVelo de la Suisse à la Grèce en réponse à un appel de volontaires pour enseigner dans le camp de réfugiés de Moria sur l'île grecque de Lesbos. Dans cet article, Brian raconte la seconde moitié de son voyage et la façon dont il a fait face aux difficultés croissantes de l'automne dernier.
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Le pont de Rion-Antirion près de Patras en Grèce

Notre voyage sur l'EuroVelo 8 - Véloroute de la Méditerranée le long du fleuve Pô, en direction de la mer Adriatique, a été une aventure remplie de paysages merveilleux, de bonne cuisine italienne, d’adorables villages médiévaux et de rencontres chaleureuses et amicales. Nous avons rattrapé deux jeunes femmes Suisses qui avaient roulé avec un jour d’avance sur nous pendant plus d'une semaine et passé une soirée et un petit déjeuner avec elles, avec des conversations philosophiques plutôt sérieuses au sujet de l'état du monde, des réfugiés, de la pandémie du COVID-19 et du rôle du gouvernement. Puis, appelés par nos vélos, nous leur avons fait nos adieux alors qu'elles remontaient la vallée vers le nord, en direction de Lugano, tandis que nous nous prenions la direction de la mer, à l'est.

Nous étions excités comme des enfants découvrant la mer pour la première fois lorsque nous avons atteint l'embouchure du fleuve dans l'Adriatique. Avec joie, nous avons bifurqué vers le nord pour grimper jusque Venise. L'EuroVelo 8 nous a conduits d’île en île jusqu'à ce que nous soyons enfin sur l'île du Lido, de l'autre côté de la baie de Venise. Comme Venise n'autorise pas les vélos, même portés, nous avons laissé les nôtres au parking et pris le ferry pour explorer Venise à pied. À cause de la pandémie, Venise était presque complètement vide, avec des gondoliers désespérés et sous-employés qui se battaient pour avoir des clients. Nous avons été enchantés par l'architecture majestueuse, les canaux et l'histoire de la ville.

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La Grèce regorge de curiosités historiques comme les hauteurs de la forteresse d'Acrocorinthe

Les nouvelles croissantes d'une nouvelle vague de COVID-19 nous avaient poursuivis tout au long du fleuve Pô, et à à présent, la frontière italo-croate nous était fermée. Ces événements ne nous ont laissé d'autre choix que de réserver des places sur le ferry faisant la traversée de Venise à Patras, laquelle dure 36 heures, pour nous rendre en Grèce. Le ferry a eu trois heures de retard et nous sommes arrivés à Patras de nuit, en empruntant des routes sombres et peu familières, en compagnie de deux autres cyclistes suisses, essayant de trouver notre hôtel et espérant pouvoir entrer dans notre chambre. Ce fut un soulagement d’enfin sécuriser nos vélos et nos sacs pour une courte nuit de sommeil.

Enfin en Grèce !

Au réveil, nous fûmes accueillis par une température de 26 °C et du soleil ! Nous avions fui le froid pendant deux semaines et nous trouvions enfin un temps chaud et ensoleillé, accueillis par l’industrie touristique grecque. Nous nous émerveillions de la belle eau turquoise du Golfe de Patras et de la riche histoire grecque remplies d'histoires de leur persévérance face à l'adversité.

Très vite, nos vélos nous ont emmenés sur les rives du golfe de Corinthe et nous avons rejoint notre vieille amie l'EuroVelo 8, pleine de paysages et d’impressions marines. Nous avons passé de belles journées sur cette route côtière, profitant de déjeuners sur les plages et de couchers de soleil accompagnés du bruit des vagues qui se jettent sur le sable. Un vent d'ouest persistant nous a poussés le long de la côte et emmenés à l'ancienne Corinthe pour explorer les traces de Saint Paul ainsi que les hauteurs de la forteresse d'Acrocorinthe. Puis nous sommes allés voir le canal de Corinthe avec ses ponts submersibles inhabituels et l'île de Salamine, que nous avons traversée pour rejoindre Athènes. Nous avons rencontré un autre couple de Canadiens qui se rendait à Athènes à vélo et avons passé une matinée conviviale avec eux. Nous les avons ajoutés à notre carnet d'adresses et leur avons promis de partager une bière soit en Alberta, soit à Vancouver, ou encore en Suisse.

C'est par eux que nous avons découvert que le virus nous avait rattrapés. Des rumeurs se sont répandues sur un prochain confinement à Athènes. Nous avons décidé de réduire notre séjour dans la capitale grecque à un seul jour pour voir l'Acropole et le lieu où Socrate a été condamné. Les autres visites devront attendre une prochaine occasion. Nous ne pouvions pas nous permettre d'être confinés à Athènes si près du but, alors après notre unique journée masquée sur place, nous avons pris le ferry pour Lesbos. Quelques jours plus tard, toute la Grèce était bouclée. Nous étions cependant en sécurité dans notre petit appartement loué dans le village de Thermis sur l'île de Lesbos, où nous avons commencé notre travail bénévole en enseignant aux enfants réfugiés.

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La fin de notre voyage à Lesvos

Nous avions parcouru plus de 1000 km à vélo à travers l'Italie et la Grèce. Nous avions entamé une course contre le froid et le COVID, mais les deux nous ont finalement rattrapés sur l'île de Lesbos. Quel voyage à vélo mémorable sur les routes EuroVelo !

Lire ici la première partie du parcours de Brian.